28 juillet 2009

L'appel des morts / Ian Rankin

John Rebus est encore un peu plus essoufflé et Siobhan flirte avec le côté sombre de son métier. Le G8 se déroule en Écosse, nous sommes en juillet 2005 et nos deux enquêteurs, aux limites de l'illégalité, poursuivent une enquête qu'on leur a retirée, enfin c'est le cas pour Rebus.

Encore une fois, le vieil ours policier qui se rapproche toujours davantage de sa retraite et ne la prend jamais n'en fait qu'à sa tête. Comme il le dit lui-même, il n'a rien d'autre à faire qu'à travailler et personnne ne veut être dans ses pattes lorsqu'il s'y met.appel des morts.jpg

Mondialisation, commerce international, politiques véreuses et toutes les magouilles qui entourent cet univers sont au coeur de cette nouvelle aventure de John Rebus et de son assistante Siobhan. Et comme si ce n'était pas assez, trois meurtres dont les victimes étaient des violeurs viennent compliquer la chose et échauffer les esprits.

Dialogues savoureux, personnages principaux attachants, personnages secondaires bien définis, voilà ce qui rend les intrigues de Rankin indispensables à ma vie de lectrice. L'essence de la vie moderne c'est dans les polars qu'on la retrouve. Lire les journaux bien sûr, mais lire aussi de bons polars pour mieux la comprendre.

L'appel des morts de Ian Rankin aux éditions du Masque, publié en 2009.

Premières lignes: "À la fin, l'hymne fut remplacé par la musique. Les Who, Love reign o'er me. Rebus reconnut dans la seconde les coups de tonnerre et le grondement de pluie d'orage qui retentirent dans la chapelle."

26 juillet 2009

Le magazine Books

Un récent numéro du magazine Books (L'actualité par les livres du monde) nous propose un dossier passionnant sous le thème "Internet nous rend-il encore plus bête?"books.jpg

Qualifié à juste titre de révolution culturelle le phénomène du web et ses impacts certains sur notre façon de penser, sur la configuration même de notre cerveau nous amène une flopée de questions pour lesquelles nous ignorons encore les réponses. Comment en effet percevoir clairement ce que nous sommes en train de vivre dans l'immédiat? Rien ne nous empêche toutefois d'y réfléchir.

Impossible par ailleurs de parler de la toile, du web sans parler aussi de la lecture, des bouleversements qui sont amenés en ce domaine par l'interactivité du web, par sa non linéarité. Impossible aussi de ne pas réfléchir sur les conséquences de cette donnée nouvelle et cruciale sur la génération qui-est-tombée-dedans-quand-ils-étaient-petits...

J'y reviendrai certainement. En attendant, découvrez si ce n'est déjà fait ce magazine original qui nous parle du monde par le biais des livres qui sont publiés un peu partout dans le monde occidental. Dommage que la tabagie où je l'achète ne le reçoive que sporadiquement. Un nouvel abonnement en vue?

 Books, magazine de type journal publié dix fois par année et distribué (peut-être) dans une tabagie près de chez vous...

25 juillet 2009

Teilhard de Chardin / Jacques Anould

teilhard.jpgQuelques mots sur une biographie que je termine. Depuis longtemps la réputation de Pierre Teilhard de Chardin m'intriguait. Qui était donc cet homme en constante opposition et en même temps soumission face à son Église? Tentant de concilier ce qui semble encore aujourd'hui irréconciliable: la religion et la science.

Vie de voyages, d'études, d'amitiés nombreuses, espoir de voir le conservatisme de l'Église se dissoudre afin de devenir LA religion du nouvel Homme.

Teilhard de Chardin quelque peu raciste et ambigü dans ses amitiés féminines, me semble-t-il, a tout de même eu un destin, une vie formidable. Éminent scientifique qui a tellement aimé travailler sur le terrain... De la Chine, de la Birmanie, de l'Afrique, du Caire, etc. pour finalement mourir à New York, il faut prendre, je vous l'assure, des nouvelles de ce personnage remarquable.

J'ignore si cette biographie d'Arnould est la meilleure pour aborder Pierre Teilhard de Chardin. Sa matière dans son aspect théologique est complexe. L'auteur, un dominicain, y est également très présent, nous livre parfois une écriture un peu pompeuse, mais quel personnage tout de même ce jésuite!

Teilhard de Chardin de Jacques Arnould publié en 2005 aux éditions Perrin

Premières lignes: "Encore une biographie de Pierre Teilhard de Chardin? Plus d'un lecteur se sera posé la question en découvrant cet ouvrage. Elle mérite que j'y réponde sans autre délai."

23 juillet 2009

Quand vous lirez ce livre... / Sally Nicholls

quandvouslirezcelivre.jpgIl y a certainement deux mots que personne ne veut voir associer: enfant et cancer. C'est pourtant ce que Sally Nicholls propose dans son premier roman. Jeune vingtaine, l'auteure avec une écriture proche de l'enfance signe une histoire très belle, très douce malgré la violence de cette maladie.

Sam a onze ans, Félix treize. Tous deux sont atteints d'un cancer, tous les deux en mourront. Les familles, les intervenantes, les désirs, la vie interrompue...tout cela décrit avec tendresse, fantaisie, un grand sens de l'observation et surtout une psychologie réaliste des personnages. Le livre n'est pas mélo bien qu'il laisse la place au chagrin. Comme dans la vie tout n'est pas expliqué, tous ne sont pas parfaits dans leur rôle bien qu'ils s'y efforcent...en vain.  Personne ne peut être parfait devant cet adversaire qu'est le cancer.

Quand vous lirez ce livre... est un roman jeunesse qui a franchi les frontières de l'âge pour se retrouver dans des mains adultes. Comme d'autres avant lui, Harry Potter, Tobie Lolness, etc. Grand bien nous fasse, ce livre-là est un cadeau.

Quand vous lirez ce livre... de Sally Nicholls a été publié chez Pocket en 2008.

Premières lignes: "Voici mon livre, commencé le 7 janvier et terminé le 12 avril. C'est un recueil de listes, de questions et d'histoires vraies. C'est aussi mon histoire."

21 juillet 2009

La veuve / Gil Adamson

Vous croyez que la nature, cet été, nous fait la vie dure au Québec? Et bien, c'est que vous n'avez pas lu La veuve de Gil Adamson.

Je n'aime pas particulièrement la sauvagerie des grands espaces. Je préfère le calme de façade des bords de mer sablonneux. Rien à faire des conifères, des moustiques, des tasses de café autour d'un feu de brindilles à l'aube. Une chance que La veuve, ce ne soit pas moi! Car cette femme qui vient d'assassiner son mari affrontera tout ça et plus encore.

veuve.jpgPoursuivie tout au long du récit par ses deux beaux-frères, la veuve, car c'est ainsi que le narrateur la nomme, comme si toute son identité se concentrait dans ce lien marital rompu, parcourt un pays encore plus brutal que le geste qu'elle a posé.

Les motifs du meurtre nous sont révélés petit à petit au long de ce récit lent, dense et passionnant. Le quotidien de la fugitive, ses rencontres, sa débrouillardise, son désespoir, son désir marquent notre lecture au fer rouge.

Un début de vingtième siècle violent où la nature déployait encore toute sa puissance à l'avantage ou au détriment des humains qui sont tout petits au milieu des arbres et des montagnes.

À lire lentement.

La veuve de Gil Adamson publié chez Boréal en 2009. L'auteure en parle beaucoup mieux que moi ici.

Premières lignes: "C'était la nuit et les chiens surgirent d'entre les arbres, déchaînés, hurlants. Ils jaillirent du couvert de la forêt et leurs ombres flottèrent dans un champ baigné de lune."

20 juillet 2009

Bon anniversaire Bouquin!

Juillet 2009 marque le quatrième anniversaire de ma vie de blogueuse. Avant d'écrire à partir de la plateforme de Hautetfort, j'écrivais déjà sur http://bouquin.20six.fr/ 

Allez jeter un coup d'oeil. Ça fait partie de ma petite histoire de lectrice...

Peut-être cette discipline du blogue (parfois inconstante) m'a t-elle ouvert les portes de l'écriture du guide Le club de lecture: un parcours d'animation? Peut-être cela a-t-il agit pour moi un peu comme un entraînement de sportif? ...

Une chose est certaine, vos visites me font toujours autant plaisir que ce soit sur Hautetfort ou sur 20six. On ne lâche pas!

 

15 juillet 2009

Julius Winsome / Gerard Donovan

Peut-on être prisonnier d’une maison qu’on aime? Peut-on tuer pour laisser derrière soi les livres, le souvenir d’un père bienveillant mais silencieux?

Julius Winsome est un être solitaire, qui ne ressent pas le manque de la communauté humaine. Le contact avec la serveuse qui lui apporte son café lorsqu’il va une fois par semaine chercher son courrier et faire ses courses au village semble lui suffire.julius_winsome.jpg

Puis Claire surgit de nulle part et entre dans sa maison et dans sa vie. Comme une lumière dans la forêt du Maine. Comme la chaleur dans toute cette froidure. Car il fait froid  dans cette partie du monde. Bien trop froid pour les sensibilités des hommes. Bien trop froid pour qu’on garde nos amours au chaud bien longtemps. Claire s’en va et lui laisse Hobbes, le compagnon chien devenu indispensable.

Mais un chasseur tue le chien et les meurtres commencent…

Julius est le narrateur de sa propre histoire et cela donne une écriture tout à la fois sobre et lyrique à l’image du paysage omniprésent dans le roman, à l’image de cet homme qui aime Shakespeare, qui se barricade derrière des murs de livres et qui boit son thé brûlant devant le poêle.

Comment la violence s’introduit-elle dans le cœur des hommes? Comment quitter un passé en apparence pacifique sans l’expression de cette violence? Le compagnonnage qu’il soit humain ou animal est-il possible? Et si tout ça n’était qu’une imposture?

Voilà les questions que je me pose après cette lecture. J’ai bien peur d’être coincée avec elles pour un bon moment. Un beau livre rude et tendre à la fois. À lire … avant l’automne et les grands froids de préférence.

Julius Winson de Gerard Donovan publié en 2009 aux éditions du Seuil.

Premières lignes : « Il me semble que j’avais entendu le coup de feu. Par un après-midi glacial de la fin du mois d’octobre, j’étais en train de lire dans mon chalet, installé dans mon fauteuil près de mon poêle à bois. »

 

11 juillet 2009

La foi d'un écrivain / Joyce Carol Oates

Joyce.jpgTous semblent s'accorder pour le dire. Pour bien écrire, il faut lire! Car, et même lorsque le phénomène demeure insconscient, les livres lus imprègnent l'oeuvre de tous les écrivains.

Joyce Carol Oates, JCO comme elle l'indique elle-même, écrit. Beaucoup. Énormément. Une sorte de Balzac par la quantité de mots jaillissant de sa plume. Elle écrit même sous le pseudonyme de Rosamond Smith. Comme si un seul nom ne suffisait plus... Elle écrit sur l'Amérique dans des romans, des nouvelles très prisés des critiques.

La foi d'un écrivain est constitué d'articles plus ou moins longs, le plus souvent courts, sur le métier d'écrivain, sur la création, sur son propre processus créateur. Elle y commente aussi quelques oeuvres de ses confrères écrivains de toutes les époques, parlant aussi bien d'Herman Melville que de John Updique.la foi d'un écrivain.jpg

Si la littérature vous importe, si vous écrivez ou désirez ardemment le faire, ce petit livre sera fort nourrissant pour vos réflexions, vos apprentissages. À moi, il m'a, entre autres choses, donné le goût de lire Blonde de JCO dont le personnage central a été inspiré du mythe et de la personnalité de Marilyn Monroe.

La foi d'un écrivain a été publié en 2004 chez Philippe Rey.

Premières lignes: "L'écriture est le plus solitaire des arts. Se retirer du monde afin d'en créer un autre, "imaginaire", "métaphorique", est un acte si curieux qu'il échappe à la compréhension. Pourquoi écrivons-nous? Pourquoi lisons-nous?"

 

07 juillet 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates / Mary Ann Shafer et Annie Barrows

le-cercle-litteraire-des-amateurs-d-epluchures-de-patates.jpgVoilà donc ce roman entièrement épistolaire dont tant de gens font l’éloge.

Et bien moi aussi je vous le recommande!

Guernesey, 1946. La guerre est terminée, les Allemands sont partis et la vie reprend son cours.

Une jeune écrivain londonienne cherche un sujet de roman, elle reçoit une lettre d’un habitant de Guernesey, une île entre la France et l’Angleterre et commence alors une correspondance assidue avec certains habitants de cette île. C’est cette correspondance qui nous est donnée à lire et on ne s’ennuie pas une seconde.

L’originalité des personnages, leur débrouillardise, leurs secrets dévoilés mais surtout leur très grande et vulnérable humanité dans ce temps d’occupation, l’humour british qui enrobe tout cela créent pour cette histoire une obligation de lecture, comme on dit, toutes affaires cessantes

Bien sûr, nous avons lus déjà toutes sortes de récits de guerre, mais pour ma part jamais une occupation du territoire ne m’aura semblé si concrète parce que décrite dans les petites choses du quotidien mais aussi dans les tragédies qui s’y trouvent. Une île coupée du monde durant cinq ans, une communauté qui tisse une résistance et parfois une cohabitation pacifique au jour le jour. Un  livre rempli d’humour, de finesse et d’amour de la littérature comme celui-là on en redemande et double portion s’il-vous-plaît!

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows publié chez NiL en 2009.

Premières lignes : « 8 janvier 1946.  Cher Sydney, Susan Scott est une perle. Nous avons vendu plus de quarante exemplaires du livre, ce qui est plutôt réjouissant, mais le plus merveilleux, de mon point de vue, a été la partie ravitaillement. »

P.S. J’oubliais presque de vous signaler que les gens qui font partie d’un club de lecture l’apprécieront encore davantage. Et ceux qui n’y participent pas encore comprendront l’amalgame subtil tissé entre nos vies et les livres qu’on lit.

 

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