28 avril 2012

Journal d'une animatrice. Extrait "divagatoire"

Au moment où le film des frères Foenkinos sort sur les écrans du Québec, voilà que le hasard fait que le club de lecture Groupe 2 de la bibliothèque de Sorel-Tracy commentera le roman La délicatesse en ce mois de mai.

Nous sommes fin avril et la rencontre a lieu à la mi-mai. Je commence à peine la lecture et la préparation de la discussion. Mais pourquoi donc ici parler d'un livre que je n'ai pas encore lu. Quoi en dire? Et surtout comment en parler? Peut-être l'exercice servira-t-il à mettre en lumière mes préjugés, mon expérience ou je ne sais quoi d'autre...

Bon voilà un livre vendu à des centaines de milliers d'exemplaires, traduit en plusieurs langues donc populaire, un livre qui parle du couple, de l'amour... Ai-je vraiment envie de lire ça? En fait, ce choix pour le club de lecture a été fait à l'aveugle. Enfin, pas tout à fait à l'aveugle. De temps à autre, je sens le vent, écoute une suggestion, succombe à l'actualité littéraire et porte mon choix sur un ouvrage que je n'ai pas lu pour en faire le sujet de discussion du club. Me réservant ainsi  la surprise, la découverte au même titre que les participants du club. Il faut bien entretenir la petite flamme nécessaire à qui anime un club de lecture depuis bientôt 35 ans, si?

Alors voilà on tient le livre dans ses mains. On le manipule, on le tourne. On lit la quatrième de couverture. Il s'agit d'un François, d'une Nathalie et d'un jus d'abricot. On ouvre le  livre, c'est une édition de poche. C'est bien un livre de poche, la seule chose c'est qu'on ne peut pas le glisser dans sa poche. Je n'ai jamais possédé un vêtement ayant une poche assez large pour y introduire un livre de poche. Ce n'est pas faute d' avoir essayé.

Cette édition papier provient de chez Gallimard, collection Folio. Son look est banal, couverture souple illustrée d'une photo montrant un couple sans tête. On sait qu'ils s'embrassent en voyant l'ombre qu'ils projettent sur le mur derrière eux. Je n'apprécie pas vraiment les photos en couverture d'un roman. Trop concret, trop daté, trop directif.

On ouvre le livre, LA DÉLICATESSE. C'est écrit noir sur blanc, on ne peut pas rater ça. On tourne la page et on lit que Foenkinos, l'auteur, a écrit déjà un livre qui s'appelle Le potentiel érotique de ma femme. On trouve ça original et on se dit dans la même foulée qu'on n'aurait pas eu le goût de lire ce roman-là avec ce titre-là. On poursuit et on tombe sur une citation de Cioran. On s'étonne, Cioran qui coiffe un "comfort book". Et on se dit pourquoi pas?

La lecture débute. On pense à Audrey Toutou, à la poésie du quotidien genre Amélie Poulain. On se questionne sur ce choix qu'on a fait en sentant le vent. "Il suffit de respirer pour que le temps passe" et effectivement il passe le temps...

Je ne suis qu'au début de ma lecture, et en bon passeur de livres, je sais que je donnerai toutes les chances à La délicatesse. Ce qui n'empêchera pas, si ça se trouve, les soupirs exaspérés, les résistances et autres désagréments. Mais...j'ai à peine lu une vingtaine de pages !!!

Ce billet finalement pointe les a priori inévitables  qu'on peut avoir vis-à-vis un livre. Met aussi en lumière les adhésions ou les mutineries qu'il nous inspire. Et me rappelle surtout qu'animatrice ou pas, je suis une lectrice et que lire c'est d'abord une affaire de peau, d'émotion, de trip à trois. Le livre, l'auteur et le lecteur. La littérature est une affaire bien délicate.

 

06 avril 2012

Des bleus à l'âme / Françoise Sagan

C'est la faute à Beigbeder. Sans son Premier bilan après l'apocalypse, je n'aurais pas pensé là comme ça à lire ou relire Sagan.

Beigbeder a mené ou mène encore, je n'en sais rien, la même vie de patachon que Sagan ou du moins leur légende respective laisse croire en effet  à une vie de fêtard, d'alcool, de retour chez soi au petit matin, etc. Tous deux sont attirés par les êtres d'ombre, les voyous chics, les qui ne dorment jamais. Donc communauté d'esprit chez ces deux écrivains.des bleus à l'âme,françoise sagan,andrée martin

Sagan dans Des bleus à l'âme nous livre un bouquin hybride. Roman et journal à chaud sur l'écriture de ce roman. C'est donc Sagan devenue personnage qui sous les yeux du lecteur écrit l'histoire d'Eléonore et de Sébastien qu'on a rencontrés déjà dans un roman antérieur.

Qui nous livre en même temps ses difficultés à mener rondement son histoire, ses commentaires sur le comportement des protagonistes, sur la vie, la mort, etc. Itinérants de l'âme, snobs, ne se salissant pas les mains à travailler. Et pourtant, oui, on les aime bien ces deux adultes égarés dans une adolescence qu'ils voudraient éternelle. On aime leur fonds de tristesse, leur solitude, leur jeunesse qui s'en va...Sagan aussi les aime, ça se voit.

On trouve dans ce roman publié en 1972 le style Sagan, la nostalgie Sagan, la compassion et la finesse aussi. Et, au final, je suis reconnaissante envers Frédéric B. pour la suggestion.

Des bleus à l'âme de Françoise Sagan chez Pocket, Le livre de poche et autres éditions.

Premières lignes:" Mars 71. J'aurais aimé écrire: "Sébastien montait les marches quatre à quatre, en sifflant et en soufflant un peu. "

 

 

 

 

 

24 mars 2012

Une fois encore / Diane Keaton

une fois encore.jpgLa semaine dernière, je vous aurais dit:"Je ne lis jamais de biographies d'acteurs ou actrices." Ce n'est plus vrai.

Diane Keaton est une actrice hors norme. Drôle, élégante, originale en même temps qu'habitée par une sorte de fragilité qui a fait sa marque...On se souvient entre autres du fameux style vestimentaire créé pour le film  Annie Hall de Woody Allen. Et voilà qu'à plus de soixante ans, il lui est venu le goût d'écrire ses mémoires.

Bien sûr on y croise Woody Allen, Al Pacino, Warren Beatty qui furent ses compagnons. Elle y raconte aussi différents jalons de sa carrière, de sa vie. L'adoption de ses enfants, sa boulimie. Mais et c'est ce qui fait davantage l'intérêt du document on y rencontre Dorothy Deanne Keaton Hall, sa mère. Il semble qu'on ne puisse pas parler de la fille sans parler de la mère.

Dorothy, la mère anticonformiste, artiste et en même temps femme au foyer de qui Diane tient son goût de la liberté, de la quête de soi. Dorothy qui au fil des années a écrit dans ses carnets des centaines de pages de son quotidien, des événements familiaux que Diane Keaton entrelace avec ses propres écrits. Deux destins de femmes intelligentes, sensibles. Deux destins différents et si proches par certains aspects.

Ces mémoires et Keaton le dit sont là comme une tentative d'approcher sa mère encore une fois, de la mieux comprendre et peut-être aussi pour l'actrice de mieux se comprendre elle-même. Ça semble cliché, ce ne l'est pas.

Bien sûr si on aime Diane Keaton l'ouvrage est encore plus agréable à lire, mais je crois qu'au-delà de cette base, Une fois encore demeure en soi un livre intéressant par son approche croisée mère et fille, par l'acceptation de la complexité des gens qui l'entourent, par la réflexion que fait Diane Keaton sur leurs deux parcours de vie. Un ton juste assez nostalgique pour une femme qui dit qu'elle en fait toujours trop.

Une fois encore: mémoires de Diane Keaton a été publié chez Robert Laffont en 2011.

 

Premières lignes: "Maman aimait les adages, les citations, les maximes. Il y avait toujours des petits mots accrochés sur le mur de la cuisine. Par exemple le mot PENSER."

 

23 janvier 2012

Mamette. 5 / Nob

mamette 5.jpgMamette est une vieille dame qui n'a pas d'âge. Dans cet album elle part en vacances pour quelques jours en Espagne avec sa petite-fille Lola.

Accompagnée d'un groupe d'aînés qui se shootent aux boissons énergétiques ou qui râlent à longueur de jours, elle vit toutes sortes d'aventures à sa portée. Le bus l'oublie dans une ville étrangère, une vieille amie pète les plombs en dansant à demi nue sur une table de billard... Bref, que du banal.

Mamette est irrésistible tout comme les  dessins de Nob sont empreints de tendresse et de poésie. Une bd de filles?

Mamette. La fleur de l'Âge de Nob  est le cinquième album de la série. Une série parrallèle relate aussi les souvenirs de la jeunes Mamette. Tout aussi rafraîchissants.

D'autres infos ici.

 

 

12 janvier 2012

Flemmarde

Voilà que je commets la pire erreur qui conduise à l'échec d'un blogue. L'irrégularité! 

Je n'y commente presque plus mes lectures. Je lis comme qui dirait en secret. Sous les couvertures, avec une lampe de poche. Pas bon ça pour qui aime communiquer, partager autour de ce qu'elle aime tellement. LIRE.

Le bagout qui accompagne le verbe LIRE  est drainé dans mon cas par l'animation de clubs de lecture, par leur préparation crayon en main, par les réflexions à mener à terme, par Facebook aussi qui l'air de rien redirige le flux de mes commentaires dans l'instantané, dans l'immédiat. Et surtout qui rebondit en réponses, en feed-back. Et puis Facebook, soyons clair, n'oblige pas l'écriture d'un texte organisé, structuré. Paresseuse, va!

L'écriture d'un blogue quand on souhaite que les gens y viennent est un esclavage consenti. Il faut l'alimenter, en prendre soin. Or, je le néglige.

Je me souviens qu'au décès de ma mère, j'avais vécu un black out total en lecture. Incapable durant des mois de lire autre chose que des lectures obligatoires.  Un passage à vide dans ma vie de lectrice. Voici que j'expérimente un creux dans ma vie de blogueuse. Mais je résiste et ne baisse pas les bras. :-)

Quelqu'un aurait une chronique à la radio à m'offrir? :-))))

 

 

09 décembre 2011

Clubs de lecture Hiver 2012

Les membres des clubs de lecture de la bibliothèque de Sorel-Tracy discuteront cet hiver de:

 

D'autres vies que la mienne / Emmanuel Carrère

Le coeur cousu / Carole Martinez

Orages ordinaires / William Boyd

Julius Winsome / Gerard Donovan

Une journée d'Ivan Dennissovitch / Alexandre Soljenitsyne

La délicatesse / David Foenkinos

 

 

08 décembre 2011

La chambre de l'évêque / Linden MacIntyre

Curieuse impression laissée par ce roman canadien tout de même...

Scandale sans scandale, pédophilie sans pédophilie, alcoolisme et dépendance au jeu... Tout y est tellement discret qu'en fin de parcours, on se demande un peu ce qu'on a lu. Comme si les thèmes que je venais d'énumérer ne représentaient pas les véritables sujets de ce livre. Mais de quoi cette Chambre de l'évêque peut-elle bien vouloir nous parler!linden macintyre,la chambre de l'évêque,pédophilie chez les prêtres,alcoolisme chez les prêtres

À travers ces gens de l'est du Canada qui vivent des vies difficiles, complexes semble-t-il, on suit plus particulièrement le chemin de Duncan prêtre de retour d'une sorte d'exil et  qui tente d'aider sa communauté malgré la confrontation à son propre passé,  à ses propres faiblesses.  Ce roman de MacIntyre a remporté le Prix Giller en 2009. Je pressens que c'est un prix mérité. J'ai écrit je pressens, parce que je suis passée à côté de ce roman, sans embarquer vraiment, ni décrocher non plus.

Bref une réaction mitigée de ma part, vous l'aurez compris. Tout en sachant que le roman en lui-même n'est pas le seul responsable de notre satisfaction de lecteur, tout en devinant que je n'ai pas eu suffisamment de  talent pour  lire ce livre :-)

Je promets de faire mieux la prochaine fois...

 La chambre de l'évêque de Linden MacIntyre est paru en 2011 chez Libre Expression.

Premières lignes: "La veille du jour où tout s'est mis à dérailler, j'ai passé une bonne heure à faire le point sur ma situation pour finir par conclure que, tout bien considéré, je ne m'en tirais pas trop mal."