08 septembre 2012
Top class killer/ Jon Osborne
Il existe une frontière. Une frontière à laquelle tout le monde est confrontée. Plus ou moins floue selon les circonstances. C'est la ligne qui sépare les vies de Nathan et de Dana. Celle du bien et du mal. L'un est serial killer l'autre agent spécial du FBI et pourtant quelque chose les relie...
L'introduction nous présente quelques serial killer réels dont celui qui a inspiré la série Dexter. Pertinent, car notre héros malfaisant s'inspire des meurtres de ces tueurs en souhaitant les "améliorer". Il se nomme lui-même le Correcteur. Il tente et réussit à corriger l'erreur qui a conduit à l'arrestation de ses modèles. Jusqu'à l'affrontement final.
Début percutant, l'auteur nous plonge immédiatement au coeur de l'enquête. Nathan a déjà tué cinq personnes avant même que nous entamions la lecture de ce livre. :-) Plaisir de lecture indéniable, mais tout de même quelques irritants.
Jon Osborne ne fait pas suffisamment confiance à son lecteur et commente un peu lourdement les événements. Par exemple "Elle savait ce que recherchait ce salaud - à la pousser à bout -, mais elle ne tomberait pas dans le piège. " Ou encore: "Le cerveau de Dana s'obscurcit. Le stress l'empêchait de penser clairement." Pas vraiment utile de nous briefer là-dessus. On parle d'un affrontement avec un TUEUR!!!
Autre petit problème de construction Osborne conclut souvent ses scènes par l'évanouissement de Dana. Seigneur! elle est agent du FBI! Allons M. Osborne un peu plus d'ardeur à fignoler vos enchaînements.
Sinon, bon polar.
Top class killer écrit par Jon Osborne a été publié en 2012 au Seuil.
Premières lignes: "Rouge, orange, jaune - vert, bleu, indigo, violet. De toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, l'orange était de loin celle que Nathan Stiedowe aimait le moins, mais par chance, ce matin, elle se rendait utile en le réchauffant."
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30 août 2012
Profanation / Jussi Adler Olsen
Dans les remerciements, à la fin du roman, l'auteur remercie les uns et les autres de leurs bons conseils. Il remercie également les lecteurs qui visitent son site et lui donnent envie de continuer à écrire. Gentil monsieur.
Après Miséricorde, cette deuxième enquête de l'inspecteur Morck est tout aussi captivante. Profanation nous donne à lire une histoire de cruauté gratuite. Une petite bande de jeunes bourgeois ont des jeux pour le moins tordus qui impliquent tout autant des victimes humaines qu'animales. Innocentés d'un double meurtre, ils poursuivent leurs méfaits lorsque Morck et son compère Assad se penchent sur leur cas.
Les jeunes loups sont embarrassés par les enquêteurs, mais plus encore par la présence menaçante d'une ancienne complice qui, bien que très riche elle aussi, mène une vie d'itinérance et fomente sa vengeance pour les mauvaises expériences qu'elle a vécues avec eux. Elle connaît des secrets qu'il vaudrait mieux tenir cachés.
L'histoire fonctionne, le point de vue sur l'esprit criminel est intéressant, le suspens efficace. Ma légère, vraiment légère déception vient du couple d'enquêteurs qui dans Miséricorde, sans doute à cause de la nouveauté, formaient un duo pétillant. Maintenant, nous connaissons la mécanique de leurs rapports et l'effet s'est dilué. Tant et si bien que l'auteur a cru bon d'ajouter, avec plus ou moins de bonheur, une collaboratrice pour rendre le département V plus dynamique.
Cela dit, le plaisir de lire est intact et j'attends la prochaine enquête avec impatience.
Profanation de Jussi Adler Olsen est paru chez Albin Michel en 2012.
Premières lignes: "Un nouveau coup de feu éclate au-dessus des arbres. Les cris des rabatteurs sont tout près à présent. Son pouls bat plus fort dans ses tympans, et l'air humide remplit ses poumons si vite et avec tant de violence qu'ils lui font mal."
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20 août 2012
Miséricorde / Jussi Adler Olsen
Alors voilà, j'écris ce nom dans mon Moleskine à petits carreaux. Jussi Adler Olsen.
Tiens le chien de Wallander s'appelait lui aussi Jussi dans la série télé...
Pourquoi surveiller cet auteur?
1. Très bonne enquête ;
2. Duo d'enquêteurs disparate donc efficace ;
3. Page turner. On est avide de connaître la suite des péripéties des différents protagonistes;
4. La victime ne se laisse pas humilier et lutte jusqu'à la fin du roman. Ça fait du bien;
5. Très bien construit;
6. Psychologie tient la route;
7. On aime les polars nordiques, non?
8. Wallender n'enquête plus, alors...
Un polar de type classique et une réussite en ce qui me concerne. Un deuxième tome de cette série ayant pour titre Profanation est paru cette année. Je vais certainement mettre la patte dessus bientôt...
Miséricorde de Jussi Adler Olsen a été publié en 2011 chez Albin Michel.
" Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu'au sang les murs lisses, elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu'à ce qu'elle ne sente plus ses mains."
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14 août 2012
Hongrie-Hollywood Express / Éric Plamondon
La maison Le Quartanier nous a livré l'an dernier un petit livre jaune moutarde difficile à classer. Scrapbook biographique du légendaire Johnny Weissmuller (Tarzan au cinéma), mélange de réflexions de Gabriel Rivages, narrateur fictif. On parle ici en d
e très courts chapitres de records olympiques, d'Hiroshima, de San Francisco, d'Einstein, etc.
Plamondon exploite à fond l'énumération. Procédé que j'ai moi-même utilisé il y a plus de vingt ans dans des ateliers d'écriture à l'UQAM et pour lequel on m'a rabroué. Bref, pour lui ça marche :-) Le narrateur produit en effet de longues listes sur ce qu'il a vécu ces quarantante dernières années (!), enfile les records olympiques et les anecdotes entremêlés à la vie de J. Weissmuller.
Prétexte à parler de l'Amérique, fascination réelle pour le personnage, va savoir? Il demeure que cette mosaïque hors de l'ordinaire ne nous ennuie pas une seconde.
Ce qui me reste après cette lecture est la silhouette un peu plus précise d'un héros, de sa chute. Une légende qui s'humanise, un homme au sommet de la gloire qui devient un "nobody". J'aime à penser que Johnny Weissmuller fût peut-être plus heureux dans sa peau de portier du Cesar's Palace que dans celui de l'ami de Cheetah, sa co-vedette simiesque au cinéma.
Derrière les gloires du cinéma, de la science, de la littérature, il y a des êtres humains. Le monde, qui se nourrit de la célébrité, de la réussite flamboyante, l'oublie bien souvent. C'est un cliché de le rappeler. Hongrie-Hollywood express, entre autres choses, nous le rappelle et nous apprenons encore une fois la leçon avec plaisir. La gloire n'existe pas, il n'y a toutefois pas de vie ordinaire.
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11 août 2012
Cinéma, cinéma
Au cinéma Ex Centris de Montréal hier, deux films formidables: Moonrise Kingdom et Les bêtes du sud sauvage. Tous deux comportant des enfants comme personnages principaux. Ça fesse parfois l'univers des enfants. Particulièrement dans Les bêtes du sud sauvage.
Le premier film remarquable par la fantaisie et la marginalité, le second par la rudesse du milieu et l'amour profond qui unit les êtres. Belle journée de cinéma sans compter les odeurs exotiques émanant des boutiques et des restos du boul. St-Laurent...
En marge de cette journée, je poursuis avec plaisir la lecture du polar québécois de Jacques Savoie Cinq secondes. L'originalité est dans le fait qu'on connaît les circonstances du drame, l'assassin, mais ce sont plutôt les pensées de la meurtrière au moment des crimes qui créent l'intérêt de la lecture.
À noter la couverture affreuse concoctée par les éditions Libre Expression!
Premières lignes: "Jérôme Marceau était un homme discret. Enquêteur au Service de police de la Ville de Montréal, Section des homicides, sa réserve était légendaire et le rendait en quelque sorte indétectable au radar."
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30 juillet 2012
La dernière conquête du major Pettigrew / Helen Simonson
Pendant un certain temps, qui m'a semblé un peu long je l'avoue, on croit qu'il ne se passe rien. Les thés se succèdent chez l'un ou l'autre des résidents de ce village anglais. La campagne verdit lentement sous la pluie, les snobs snobent et les gentils sont gentils. On se demande même si on est pas un peu en train de s'ennuyer là...
Et puis ce qu'on qualifiait du bout des lèvres de charmant finit pas nous charmer vraiment. On a basculé vicieusement dans cet univers de chasse aux canards, de soirées à thèmes, de ragots villageois, d'amourettes cosmopolites, de réserve anglaise et, ma foi, on s'y plaît.
Épinglés au tableau, un major de l'armée britannique à la retraite, son fils Roger ambitieux et tristement moderne, une cellule pakistanaise qui malgré son bourbier familial tentent de s'intégrer à cette communauté plutôt hermétique et très conservatrice et ... bien d'autres personnages plus british les uns que les autres. Ajoutons à cet ensemble quelques américains en chasse, qui d'un mari, qui d'un développement immobilier.
Le major, vous savez celui du titre, attaché aux traditions et à la famille rencontre une belle orientale qui lui secouera un peu les plumes et lui fera entrevoir autre chose que la paire de pistolets qu'il tient de son père et qu'il doit défendre contre des prédateurs sans scrupules.
C'est tellement agréable de voir un personnage honnête, strict et empoussiéré s'encanailler au contact de situations nouvelles et s'ouvrir à d'autres univers. Toutes proportions gardées bien entendu... On est en Angleterre tout de même! Avec comme arrière plan la défense des milieux ruraux, la protection des animaux...et des conventions. On est en Angleterre, que diable!
Bref, on plonge dans ce gros roman comme dans un pudding où l'humour pince sans rire et les petits et grands imbroglios de la communauté nous font tourner les pages avec facilité et plaisir. Ce premier roman de madame Simonson sera suivi, je l'espère, de plusieurs autres.
p.s. Je ne dis pas ça souvent, mais la gent masculine n'est pas la clientèle cible de ce roman. À moins que ces messieurs ne soient des fanatiques de Barbara Pym ou de Jane Austen.
La dernière conquête du major Pettigrew d'Helen Simonson paru chex NIL en 2012.
Premières lignes: "Encore bouleversé par le coup de téléphone qu'il venait de recevoir de l'épouse de son frère, le major Pettigrew ouvrit sa porte, sans réfléchir."
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22 juillet 2012
Swan Peak / James Lee Burke
Dix-septième volet de la série Dave Robicheaux, Swan Peak débute par un désir de repos, de grandes étendues sauvages. Quittant la Louisiane d'après Katrina, Dave, Molly sa femme et Clete son ami sont au Montana pour la pêche et la tranquillité.
Évidemment, ça ne dure pas. Il y a des vies comme ça...Un roman noir ne le serait pas s'il n'y avait dans ses pages des parfums de vengeance, des noirceurs d'âmes, des crapules et des victimes de toutes sortes. Swan Peak nous offre en prime des fantômes récurrents du passé, des rédemptions inattendues, une nature "ancestrale" et la nostalgie qui va avec.
Une histoire juste assez complexe, avec des personnages qui au fil du récit réussissent à nous surprendre.
L'écriture de James Lee Burke, mélange de rudesse et de poésie est très efficace. Le récit aux embranchements multiples est bien structuré, les dialogues savoureux et nous tournons les pages avec grand plaisir. Du meurtre bien sûr, mais de l'intelligence, une plume et des personnages solides. Sans oublier la désillusion et cette forme de tristesse cool qui parcourent les lignes du roman. Un fort bon moment de lecture.
Swan Peak de James Lee Burke est paru aux éditions Rivages en 2012.
Premières lignes:"Clete Purcel avait entendu parler de gens dont le sommeil était sans rêves. Mais que ça tienne à l'époque et au quartier dans lequel il avait grandi, ou aux expériences ultérieures qui en étaient venues à définir sa vie, il ne pouvait envisager le sommeil autrement que comme une descente..."
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