08 octobre 2009

La Reine des lectrices/Alan Bennett

Et si la reine d'Angleterre se mettait soudainement à lire au point de négliger ses fonctions? Et si un domestique des cuisines royales devenait son conseiller de lecture? Et si je vous disais que ce petit livre de Bennett qui se lit en une soirée ou en un séjour dans une salle d'attente d'hôpital vaut vraiment la peine qu'on le lise?

La Reine des lectrices est un court roman charmant, drôle, anglais pour les adeptes effrénés de la lecture mais aussi pour ceux qui ne saississent pas encore très bien les impacts des oeuvres littéraires dans nos vies quotidiennes. Les modifications subtiles de nos relations, de nos orientations qui accompagnent toute lecture sensible et intelligente des oeuvres littéraires.reine des lectrices.jpg..

Ce livre sur la lecture et l'écriture est accessible, pétillant et fin.

La Reine des lectrices écrit par Alan Bennett a été publié chez Denoël en 2009.

Premières lignes: "Windsor accueillait ce soir-là un banquet d'apparat: le président de la République française s'était placé aux côtés de Sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux..."

 

26 juillet 2009

Le magazine Books

Un récent numéro du magazine Books (L'actualité par les livres du monde) nous propose un dossier passionnant sous le thème "Internet nous rend-il encore plus bête?"books.jpg

Qualifié à juste titre de révolution culturelle le phénomène du web et ses impacts certains sur notre façon de penser, sur la configuration même de notre cerveau nous amène une flopée de questions pour lesquelles nous ignorons encore les réponses. Comment en effet percevoir clairement ce que nous sommes en train de vivre dans l'immédiat? Rien ne nous empêche toutefois d'y réfléchir.

Impossible par ailleurs de parler de la toile, du web sans parler aussi de la lecture, des bouleversements qui sont amenés en ce domaine par l'interactivité du web, par sa non linéarité. Impossible aussi de ne pas réfléchir sur les conséquences de cette donnée nouvelle et cruciale sur la génération qui-est-tombée-dedans-quand-ils-étaient-petits...

J'y reviendrai certainement. En attendant, découvrez si ce n'est déjà fait ce magazine original qui nous parle du monde par le biais des livres qui sont publiés un peu partout dans le monde occidental. Dommage que la tabagie où je l'achète ne le reçoive que sporadiquement. Un nouvel abonnement en vue?

 Books, magazine de type journal publié dix fois par année et distribué (peut-être) dans une tabagie près de chez vous...

23 février 2009

Le dernier lecteur/ Ricardo Piglia

piglia.jpgJe termine ce petit livre sur les livres, sur la lecture que certains lecteurs plus ou moins célèbres en ont fait. Deux chapitres particulièrement intéressants. Le premier sur les polars, les vrais de vrais ceux qu'on appelle hard boiled et dont Raymond Chandler est un digne représentant. Piglia effleure le rôle des femmes, de l'argent dans l'oeuvre de Chandler et me donne le goût d'en sélectionner un pour un club de lecture à venir. Sur un air de navaja me semble particulèrement prometteur. On l'ajoute dans le petit carnet noir!

Le second chapitre ayant attiré mon attention s'intitule Ernesto Guevara, traces de lecture et brosse un portrait du Che sous son angle de lecteur. Ce passage nous apprend qu'au coeur des plus terribles guérillas, Guevara transportait dans son sac quelques bouquins alors que tous ses compagnons ne songeaient qu'à porter, au long de tous ces milles à parcourir, le strict nécessaire. Il faut croire que la lecture représente pour certains d'entre nous "le strict nécessaire". Viva la revolution!

Le dernier lecteur de Ricardo Piglia a été publié en 2008 chez Christian Bourgois.

Premières lignes: "On m'a plusieurs fois parlé de l'homme qui cache dans une maison du quartier de Flores la réplique d'une ville sur laquelle il travaille depuis des années."

16 février 2009

La délinquance d'une blogueuse

Je revois mes notes de lecture sur ce blogue et me rends compte que, de plus en plus, je fais une large place à mes lectures documentaires. C'est vrai j'aime beaucoup les essais, les ouvrages de psycho-pop, de recherche intérieure, de livres qui traitent des tendances du monde actuel, etc.

Mais je prends conscience également du fait que je ne fais pas mention de tous les livres que je lis. En effet, pourquoi n'ai-je pas commenté mes lectures de Je suis un écrivain japonais de Dany Lafferrière ou de Rouge péché d'Elizabeth George tous deux lus récemment? Pourquoi n'ai-je pas envie d'écrire quelques mots sur Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire que je verrai bientôt au cinéma sous le titre de Slumdog millionnaire? Ces  titres n'appellent pas nécessairement une intimité de lecture si forte que je veuille garder mes impressions pour moi ce qui pourrait très bien survenir pour une autre lecture davantage bouleversante.

Peut-être que je souhaite ainsi que toute lecture ne soit pas "productive" ne serve pas nécessairement à quelque chose. Le désir de sauvegarder un plaisir de lecture qui soit solitaire et gratuit. Oui surtout gratuit. Quand on travaille dans le milieu des livres, qu'on les manipule tous les jours, qu'on en lit quelques dizaines par année, qu'on en discute en clubs de lecture, peut-être a-t-on envie de préserver la lecture, de sauver quelques livres du commentaire. Pas nécessairement ceux qu'on a préférés, ni non plus ceux qui nous touchent particulièrement. Non plutôt quelques ouvrages au hasard des jours. Monsieur Daniel Pennac, on a le droit, non?

13 mai 2008

Club de lecture ce soir

Parlez-moi d'amour de Raymond Carver comme tous les autres livres de cet auteur réveille un inconfort psychologique. Tous  ces gens ordinaires, qui mènent des existences ordinaires. Classe moyenne, difficultés de communication, problèmes de couple...La vie de la majorité d'entre nous, je dirais.

De très courtes nouvelles, dans cette édition en tout cas. Certaines d'entre elles avaient été coupées par un dénommé Lish qui travaillait avec Carver à l'époque. Plus tard celui-ci ou sa veuve, je ne sais plus, avait fait paraître les nouvelles dans leur état d'origine, c'est-à-dire plus longues.

Des Bill, des Laura, des Nick et des Terri plein les pages. Une impression de "pauvre humanité" qui suinte de partout. Jamais de répit ou si peu. Et dans cette grisaille un petit incident à l'allure banal. On se dit toutefois que peut-être cette petite chose a changé la vie d'un personnage. On se prend à rêver que c'est pour le mieux. Pas sûr.

On parle d'Hemingway, de Tchekhov, de John Gardner quand on parle de Carver. Des influences, des maîtres. On nomme son alcoolisme, lui, parlait de ses deux vies. Pendant l'alcool et après l'alcool. Dans toutes les nouvelles ou presque de Parlez-moi d'amour l'alcool est présent. Le démon du temps... Aujourd'hui on appelle ça un cellulaire :-)

Selon le rôle que vous attribuez à la littérature dans votre vie, selon que vous lisiez pour vous divertir ou pour élargir votre compréhension de l'être humain (c'est moi qui ai écrit cela?) vous choisirez de lire Raymond Carver ou pas. Moi j'ai choisi mon camp.

Le club de lecture de ce soir se penche sur ce recueil de nouvelles. Bien hâte d'entendre ce qu'on en dira.

23 septembre 2007

Le club de lecture jeunesse...

...de la bibliothèque de Sorel-Tracy est en orbite depuis hier.

Encore cette fois des enfants allumés, partants, même si un peu timides. Je sais bien que cette gêne ne durera pas. Qu'à certains moments je souhaiterai presque qu'elle revienne!

Tiens, le croiriez-vous, hier, j'ai mimé une forêt ... Qui l'eût cru? L'animatrice chemine autant que les participants dans ces rencontres de lectures , de jeux et de fantaisie. Allez hue! mémère on remet ça.

16 juin 2007

Dur, dur...

Comment se fait-il que des gens même lorsqu'il s'agit de leur premier roman écrivent encore de cette façon avec toutes ces banalités "harlequinesques". Et comment se fait-il qu'un éditeur laisse encore passer ce bla-bla si souvent mâché et remâché par tous les mauvais romans sentimentaux de l'Histoire littéraire. Je suis partagée entre découragement et mauvaise humeur.

Je vous parle de La porte du silence que je traîne depuis des jours. Dur de lire "le gigantesque oiseau de métal" pour désigner un avion ou "...elle avait pu sentir contre elle l'odeur musquée de l'homme et, se recroquevillant dans son espace, elle emportait avec elle un peu de cette senteur masculine composée de sueur et de tabac blond. CLICHÉ!

Évidemment Nancy est dynamique, enthousiaste,débutante. Évidemment John est un journaliste chevronné, taciturne portant un lourd chagrin... Le second fait la vie dure à la première qui le prend en grippe. Un soupçon de sado-masochisme ne peut pas nuire, n'est-ce pas? CLICHÉ!

Alors je ferme ce bouquin ou je poursuis mon combat contre ce ramassis de lieux communs?

Ah! oui j'oubliais: "..les deux passagers restaient attentifs et émerveillés par le foisonnement intense de la circulation..." Ça c'est du trafic mes amis!

12 mai 2007

Quelqu'un a lu...

...le Philippe Ségur Écrivain (en 10 leçons) ?

Ça me semble diablement bon. Avec en exergue cette citation de Nietzsche "Je ne suis pas un être humain, je suis de la dynamite". J'aime beaucoup.

Nous assistons, dans ce livre,  à la naissance et au développement d'un destin d''écrivain. Carrière qui débute à huit ans parce que le jeune protagoniste ne réussit pas dans sa job de super-héros. Beaucoup d'humour et d'esprit et une trame qui plaira certainement aux blogueurs et blogueuses littéraires. D'ailleurs, quelqu'un en a parlé sur son blogue?

Moi je l'ai inscrit dans mon carnet. Lecture à venir.

11 mai 2007

Le club de lecture de mai 2007...

...se déroulait autour du roman Un soir au club de Christian Gailly. Taux de satisfaction très varié pour ce roman medium_un_soir.jpgminimaliste. Du "J'ai adoré" au "J'ai lu cinquante pages et je n'ai pas continué." Un argument favorable à l'idée qu'un animateur de club de lecture ne doit pas tenter de plaire à ses participants par ses choix de titres à lire.

Personnage antipathique pour certains, juste humain pour d'autres, Simon Nardis has been du jazz au moment de l'événement charnière du roman, n'emporte pas d'emblée la palme de la catégorie "Hommes que je souhaiterais rencontrer".

Ce musicien qui n'en était plus un au moment du drame songe à quitter une femme qui le porte à bout de bras pour une autre qui fera sans doute de même. Une sorte d'ado qui n'a pas terminé sa croissance à, j'imagine, l'âge de cinquante ans bien sonné.

Les membres du club se sont entre autres questionnés sur les ravages occasionnés par une vie d'artiste. L'alcool, les bars, la drogue  sont-ils corollaires à la passion de créer? Une chose est certaine, dans ce court roman, c'est l'entourage de l'artiste qui écope le plus.

Tout compte fait, l'animatrice est plutôt contente de ce choix qui a introduit les Éditions de Minuit et son style particulier dans l'univers littéraire de certains participants.

Le club de la bibliothèque de Sorel-Tracy est en mode estival à partir de maintenant.

10 mai 2007

Ce que je ne lirai pas...

...à court et à moyen terme, j'en ai bien peur:

  • des livres sur les mammifères;
  • le journal Québec soccer;
  • les écrits du doc Mailloux;
  • un manuel sur la construction des terrasses de Black and Decker;
  • le magazine Adorable;
  • le discours d'ouverture de Monsieur Charest à l'Assemblée nationale;
  • Plateforme de Michel Houellebecq;
  • le blogue de ...

Ben voyons donc!...Tu parles d'un billet!

Votre anti-liste à vous, c'est quoi?

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