13 avril 2009
Seul le silence / R. J. Ellory
J'aurais aimé qu'un traducteur génial fasse une trouvaille non moins géniale avec le titre anglais A Quiet Belief in Angels. Mais c'est bien le seul mini reproche que je ferai à ce livre dont le titre est Seul le silence.
R.J. Ellory place son livre sous la protection de Truman Capote dans la dédicace qui ouvre le récit. On ne peut qu'être d'accord avec cette filiation tant l'histoire qui suit est splendide. Horrible et splendide comme l'était De sang froide de Capote. Cette fois nous sommes à Augusta Falls en Georgie au seuil de ce qui sera la Deuxième Guerre mondiale. Un jeune garçon, Joseph 12 ans, est lui aussi au seuil de quelque chose de terrible.
Le corps d'une petite fille est trouvé. Ce sera le premier d'une longue série qui bouleversera la vie de Joseph. Hanté jusqu'à l'âge adulte par les"fantômes" de ces enfants assassinés , Joseph est le narrateur de cette chronique meurtrière qu'il nous raconte rétrospectivement.
Pourquoi se retrouve-t-il constamment sur le chemin du tueur? Faut-il que tous les gens qu'il aime lui soient enlevés?
La littérature foisonne d'ouvrages qui retrace la perte de l'innocence des enfants. Il n'y a pas si longtemps je vous parlais d'ailleurs de Le mystère du lac qui s'attaquait au même thème. Seul le silence, avec son écriture magnifique et fluide, relève avec brio ce défi de la mémoire, de l'enfance, de l'impuissance à sauver ce qu'on désire protéger.
Seul le silence de R.J. Ellory a été publié en 2008 aux éditions Sonatine.
Premières lignes: Coups de feu, comme des os se cassant. New York: sa clameur infinie, ses rythmes mécaniques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant; ses métros et cireurs de chaussures...
00:00 Publié dans Bric-à brac littéraire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : r.j. ellory; seul le silence; meurtres en série






Commentaires
Magnifique écriture, en effet. Au final, la recherche du coupable passe au second plan, ce qui est un comble pour un polar. Malgré quelques longueurs vers le milieu du roman, j'ai beaucoup apprécié cette lecture.
Ecrit par : Nicolas | 12 juillet 2009
Répondre à ce commentaireLes meilleurs polars contemporains sont certainement ceux qui, comme tu le dis, visent d'autres but que le "whodunit" des Agatha Christie de mon adolescence. Ce qui n'enlève rien au talent de la dame d'ailleurs.
Merci Nicolas de ta visite
Ecrit par : Bouquin | 12 juillet 2009
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