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15 février 2008

Ça finira...

... certainement par arriver. Un matin je me réveillerai et il ne neigera pas. La promesse de l'aube (Romain Gary) c'est ça?

Le club de lecture de mardi dernier portait sur cette promesse que le jeune Romain a été forcé de faire à sa mère. Il sera magnifique, célèbre. Une vie vécue pour sa mère, sa gloire à elle. L'humour de Gary, son détachement apparent ne réussissent pas à nous faire oublier la tragédie qui se joue devant nous. Loin de moi l'idée de toujours incriminer les mères pour le malheur des fils, mais là... On y est forcé, tellement cette femme a déposé un fardeau sur les épaules de sa progéniture. On l'admire pour son courage, sa débrouillardise, on lui en veut pour cet acharnement à modeler un enfant selon des critères de réussite. Vivre par procuration n'est bon pour personne, la preuve en est faite dans cette autobiographie imaginaire.

Autobiographie imaginaire car Gary tourne les coins ronds avec son histoire personnelle. Bof! ça lui appartient on ne lui en veut pas. Il peut bien se faire croire qu'il n'y a rien d'oedipien la-dedans, l'énergie qu'il met à devancer le coup en injuriant à l'avance les psy qui l'affirmeront est révélateur.e295450751154220cdfa76437cba24bc.jpg 

Un récit parfois jugé un peu longuet, des personnages plus grands que nature, la silhouette lointaine d'un suicide qui viendra  plus tard. Entre la première phrase "C'est fini" et la dernière "J'ai vécu", on aura compris que l'amour n'est peut-être pas toujours une bonne chose pour la survie.

La promesse de l'aube de Romain Gary est disponible en Folio

Premières lignes: "C'est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l'endroit même où je suis tombé."

Commentaires

Allez, courage ! La neige va finir de tomber un jour ;)

J'ai beaucoup aimé ce livre de Romain Gary. Je lui ai trouvé un côté touchant. Certes, comme toi, je trouve qu'il y avait des passages un peu longs mais globalement, j'ai été émue par l'évolution de ce petit garçon dont la trajectoire était presque toute tracée par sa mère. J'ai aimé l'auto-dérision de l'auteur et j'ai aimé l'histoire de petits épisodes de sa vie qui nous permettent de nous rapprocher de l'écrivain et le diplomate...

Mais je suis aussi d'accord avec toi que l'amour étouffant de la mère est sûrement source de beaucoup de souffrances et peut-être de malheur comme tu le dis...

Ecrit par : Carine | 15 février 2008

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